Association pour la préservation et la conservation

du patrimoine culturel

et traditionnel

d' Erstein

 

 

 

 

 

Notre devise :

Conserver le passé,

dans le présent,

pour pouvoir le transmettre

au futur

 

 

 

 

 

 

Le premier site a été créé le

1er novembre 2012

par son webmestre

et propriétaire

Jean Louis Eschbach

sous la dénomination

Vieil-Erstein.fr

 

Il a été clos le

2018

avec 500 000 clics

à son actif.

 

Ce nouveaux site a été ouvert le

1er Janvier 2018

Il appartient désormais à l'association et est mis en oeuvre par :

 

Bernard DESCHLER

et

Jean Louis ESCHBACH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ancien site Vieil-Erstein.fr

500 000  clics

 

+

clics

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMUNIQUES

 

 

 

sont

programmées

 les 3èmes mardi

de chaque mois

 

 

 

Les permanences de l'association

 

qui ont lieu de 19hoo à 20hoo   en la salle Conrath de la Maison des oeuvres et sont ouvertes à tous

 

 

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Les réunions

 du   comité

 

 

à 20h en la

salle Conrath

de la Maison

des Œuvres

 

 

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Association

Le Vieil Erstein

ùn rund um's Kanton

1 place de

l'Hôtel de Ville

67150  ERSTEIN 
 

 

Téléphone :

03 88 98 64 99

 ou 

06 86 56 40 68

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Collection privée

 

 

 

 

Paul Fassel 

 

 

Du coté de la

«Gravière» à Erstein

 

 

 

 

 

 

 

La genèse de la gravière

 

1899, année de ma naissance, c'est cette année que mon père et son frère Joseph, ont commencé à creuser la partie supérieure de la Gänsmaetteln, nous possédions, soit

environ 50 ares de prés.

 

Le matériau était principalement  tiré de l'eau. Pour cela nous nous servions d'une

“abatteuse à traction”. C'était un godet, 40cm de large, 50-60 cm de long et 15 cm de

haut, fixé au bout d'une perche de 4 1/2 à 5 m de long : voilà l'excavatrice. Ce travail

était plutôt pénible. Il dépendait du matériau et de la nature du sol. Ce qui fait que le

rendement horaire était variable. Il fallait s'accrocher pour sortir 1 à 1 1/2 m3 par heure!

On pouvait descendre dans l'eau et tirer jusqu'à une profondeur de 3 1/2 m. Le pré

jouxtait l'Ill. Le matériau était transporté par brouette jusqu'au bateau et ce dernier

chargé d'environ 1 m3, s'enfonçait à tel point dans l'eau, qu'une mouche assise sur le

rebord aurait pu se désaltérer! Je me rappelle qu'une fois, dans le Brühlyeck, le bateau

trop chargé a été surpris par une inondation et a coulé.

 

Le matériau était transporté sur environ 1 km jusqu'à la Niedermühlinsel où il était

déchargé manuellement et trié. Pour cela, on procédait de façon suivante: un tamis

était posé sur une brouette, le matériau lancé à la pelle contre le tamis; le gravier

roulait dans le tamis et le sable s'accumulait dans la brouette en un tas conique. Le

gravier épuré était récupéré proprement à la pelle roulait et était verse sur un tas à

partun de gravier l’autre de sable. Ils étaient ensuite chargés séparément ou dosés

sur des voitures qui les amenaient jusqu'au chantier.

 

Nouvelle implantation

 

Par ailleurs, nous avions commencé au Walrott, un terrain où le matériau pouvait être

extrait à sec, mais il était enrobé d’une gangue, impropre à l’utilisation, ce qui fait qu'à

un moment donné nos clients le refusèrent. Nous y avons travaillé sur 10 ares. Mais

ce terrain étant mal situé et à l'écart, nous l'avons abandonné. A l'époque, on utilisait

notre sable (gris) pour maçonner. Actuellement, on n'utilise plus que du sable rouge.

L'extraction au Gänsmättel n'était, en fait, pas très pratique, et on ne pouvait espérer

un bon rendement. Aussi ce pré était  quasiment épuisé, nous avons dû chercher un

autre terrain.

 

Collection privée

Le premier terrain qu'ils ont acquis, était au Niedersträssel, environ 12 ares à 100 marks l'are. C'était en 1905. A cette époque, on payait 10-15 marks pour un bon terrain. Mon père et mon oncle s'y attaquèrent avec courage et une imperturbable détermination. Plus d'une fois nous travaillions de 4 heures du matin jusqu'à 9 heures du soir pour honorer les commandes. L'oncle était toujours en bas et pelletait le matériau sur une hauteur d'environ 2 m 1/2. Mon père faisait le tri avec brouette et tamis.

Le gravier était mis en grands tas. En hiver les paysans de corvée ,des villages voisins, venaient en chercher. Cela était ainsi

jusqu'à la 2ème Guerre Mondiale. Chaque cheval avait à transporter gratuitement 2 à

2,5 m3 et 1 à 1,5 m3 de sable jusqu'aux villages. Ceux qui n'avaient pas de carriole

devaient exécuter 2 à 3 jours de corvée manuelle. Tout cela n'existe plus maintenant.

 

Mon oncle a eu un accident en 1908-10. Cela est arrivé de la façon suivante : le mur de

gravier était solide et devait être attaqué au pic en commençant par le bas, pour créer

un évidemment. La partie supérieure était alors facile à abattre. Mais une fois, il fut

surpris par un éboullement de la partie du haut qui s'est détachée toute seule, et il n'a

pas eu le temps de sauter de coté. La masse lui coupa la jambe au-dessous du genou.

Pour une fois, lui aussi a eu droit à des vacances.

 

Son épouse Ernestine était la soeur de ma mère. Elle travaillait à la fabrique. Leur seul

enfant est mort-né. Il fallait toujours acquérir plus de terrain. Mon frère Ignace quitta

l'école en 1910 ou 1911, ce qui leur assurait un bon soutien. Comme nous avions

quelques vaches, il fallait aussi conserver un peu d'agriculture. De plus, mon père et

mon oncle allaient encore à la pêche au filet 2 fois par semaine.

 

Infrastructure

 

En 1913, moi aussi je sortis de l'école et aidais à l’exploitation. Nous avons acheté à

Schiltigheim, chez TICHAUER, 2 wagonnets et 60-70 m de rails. Que les choses

soient dites : avant d'avoir les rails, le matériau devait être jeté en hauteur sur le chemin

de roulement qui était large de 5-6 m et conduisait à la route. Avec les rails, le travail se

trouvait un peu simplifié.

 

Collection privée

Dans un circuit en boucle, la voie montait de 5-6 m la pente jusque sur la route où le matériau était déchargé. Au début, nous pensions pousser manuellement les wagonnets qui avaient une contenance de ¾  de m3, ce qui à la longue ne se révéla pas possible. Nous avons donc acheté un jeune boeuf. Celui-ci était si maigre et misérable et plein de poux, qu'il en vacillait. Mais il était de bonne volonté et avec de l'organisation, nous l'avions bientôt retapé.

 

Le matin, nous l'emmenions à la gravière. Nous lui avions aménagé en un endroit protégé une petite étable où il pouvait

se reposer aux heures de midi. Une longue chaîne servait à tirer les wagonnets. C'est

avec les deux wagonnets chargés qu'il montait la pente. Il lui arrivait aussi, quand

il s'ennuyait, de se sauver et de rentrer à la maison, avec sa chaîne….

 

L'exploitation de la gravière

 

Les champs et prés situés entre la Niedersträssel et l'Ill avaient la conformation suivante :

d'abord, sur le dessus, une épaisseur de 50-60cm d'humus suivi d'une couche naturelle

de terre - glaise avec du salpêtre blanc. Près de la route, l'épaisseur de la couche de

glaise atteignait presque 2 m, mais elle s'amoindrissait en direction de l'Ill, où la couche disparaissait. En moyenne, il fallait décaper sur une hauteur de 1,5 m, et entièrement

à la main, ce qui faisait perdre beaucoup de temps et couler beaucoup de sueur. Puis

venait la couche de gravier de presque 3 m hors eau quand tout allait bien ou encore

dans l'eau sur 1 m. Ceci était alors sorti à la pelle, parcelle par parcelle.

 

L'eau était pompée vers l'extérieur et on travaillait avec des bottes en caoutchouc. Voilà

donc le travail de tous les jours. C'est le décapage qui était le travail le plus pénible car

2 m3 de glaise une fois dégagée en devenait 3, et le tout exécuté manuellement. Avec

l'arrivée de la Guerre Mondiale de 1914-18 toute l’exploitation s'est arrêtée.

 

Gravière et travaux agricoles de 1920-1932

 

Après la guerre, en 1920, j'ai été  démobilisé. La gravière tournait déjà à plein régime

ce qui fait que nous avions engagé quelques ouvriers. Nous avons acheté 2 petits

chevaux et assurions aussi les transports.

Mon frère Joseph quitta l'école, et, pendant un certain temps tout allait bien. Puis vint de

nouveau une crise, et nous devions licencier les ouvriers, sauf un.

 

Pour une meilleure compréhension, voici un schéma montrant la coupe de la gravière.

Nous travaillions maintenant par éclatement, mais sans explosifs. C'était une méthode dangereuse. Près de la paroi que nous exploitions, la sole était à 1/2 m au dessus du niveau de l'eau. Sur elle était posée la voie des wagonnets. Ensuite venait la paroi de gravier, d'une hauteur de 2, 5 m. Cette dernière était par endroits veinée par des couches de sable de boue, pouvant atteindre une épaisseur de 50-60 cm. Nous y avons trouvé des restes d'os, signifiant que ce matériau a été apporté par charriage à un moment donné. Ces reste d'os tombaient en poudre, comme de la terre. Au-dessus de la couche de gravier, il y avait comme déjà mentionné, la terre - glaise. La couche d'humus était décapée en premier. Du coté de l'eau, le gravier était pelleté sur une profondeur de 60 à 100 cm, une longueur d'environ 5 m et sur 2 à 3 m de largeur. Pour cela, nous portions des bottes en caoutchouc, et l'eau était pompée vers l'extérieur. Le travail était pénible, car par endroits le matériau était dur.

 

Alors la voie des wagonnets était bien couverte et la paroi de gravier creusée à coups de pic à sa base sur une hauteur de 30/40 cm. C'était cela la partie la plus dangereuse. Pour finir, on se servait d'une gaffe de 5 m de long, munie d'un rostre, pour évider sur une plus grande profondeur. En haut, dans la glaise, on a planté un pieu ferré de 1 m de long qu'on enfonçait à coups de grosse masse. Avec de la chance, l'ensemble basculait et tombait dans la partie évidée, ce qui nous économisait du travail et du temps. Il arrivait aussi que l'ensemble ne bascule pas. Il fallait alors tout débiter et dégager à la main. Mais lors d'un bon éclatement, c'est jusqu'à 15 m3 de gravier qui était disloqué à la fois.

 

Mais attention ! Je me souviens encore d'une fois où tout était prêt, ne manquait que de

faire l'éclatement à l'aide du pieu, lorsqu'une pluie diluvienne se mit à tomber. Nous nous

sommes mis à l'abri du coté de la paroi, mais heureusement pas trop près, car

brusquement la masse s'est détachée toute seule, et s'est écrasée à coté de nous.

BARTHEL Georges, qui travaillait avec nous depuis trois ans, voulut parfaire le nettoyage

à l'aide d'une bêche. Il perdit l'équilibre et tomba d'une hauteur d'envion 5,5 m. Nous ne

l'avions même pas vu jusqu'à ce qu’on le trouve couché sur la voie des  wagonnets.

Sonné, il a pu reprendre toutefois son travail au bout d'une heure.

 

Les risques du métier

 

Moi même j'ai eu de la malchance par deux fois. Une fois j'ai été recouvert par du

gravier jusqu'aux genoux et c'est l'oncle qui a dû me dégager à la pelle. Une autre

fois je suis tombé avec des mottes de glaise, en me cognant les côtes dessus, ce qui

m'a valu des douleurs respiratoires pendant  plusieurs jours. Le gravier était chargé

dans les wagonnets, versé sur in champ et trié. La glaise était étalée par - terre et

l'humus par - dessus, ce qui nous a donné des champs bons pour la culture. En tout,

nous avons pelleté environ 1,5 ha sur une profondeur de 5 à 6 m. Avec le temps,

nous avons acheté un terrain après l'autre ainsi que des prés. En tout, cela

représentait 3,5 ha d’un seul tenant.

 

Découvertes historiques

 

Durant toutes ces années, en déblayant la terre - glaise, nous sommes tombés sur des

lieux d'incinération. C'est là que jadis ils brûlaient leurs morts : environ 2m de long, 1 m

de large, sur 1 m de profondeur. Dans la glaise il y avait des cendres et toutes sortes

d'os et de tessons. Nous avons aussi trouvé des boules de terre — cuite, qui servaient

de poids pour des métiers à tisser et aussi des pointes de lances. J'ai encore en ma

possession une urne bien conservée, d'une capacité d’ un litre et demi, mais jamais nous

n'avons trouvé d'argent ni de bijoux.

 

Collection privée

Nous avons découvert un petit cimetière contenant 15 à 20 squelettes. Au point le plus élevé, à environ 25 m de la route, nous avons trouvé un puits monté en blocs de grès. Son diamètre était de 50/60 cm et sa profondeur de 6,5 m jusqu'à la surface de l'eau. Au fond dans le carré, se trouvait une grille en bois de dimension 1 m. Les blocs étaient posés les uns sur les autres, sans mortier, juste de façon à se maintenir. D'après ce que nous apprend l'histoire, cette région était à l'époque, et à cet endroit, fortement peuplée, et des constructions à pilotis que nous avons trouvées, ainsi que près de l'Ill,

en témoignent. Les ancêtres étaient des Celtes comme nous le dit l'histoire, qui vivaient

de l'agriculture et de la pêche. Ces gens étaient, en tous cas, pauvres.

 

De temps à autre, nous avions aussi la visite d'archéologues, car au bord de l'Ill, en aval,

près de Nordhouse, on avait également fait des découvertes. En conséquence, mon père

et mon oncle devaient pour une fois aussi faire des excavations du coté de Nordhouse,

mais je ne sais pas s'ils y ont trouvé quelque chose. Comme ils m'ont une fois dit, ils ont

trouvé, tout au début, près de la route, un lourd gril en pierre.

 

Je veux signaler encore : dans notre drague à câble, nous avons bien trouvé quelques

dents de mammouth. C'étaient des molaires : 25 cm de long, 10-16 cm de large et 15 cm

de haut, pesant jusqu'à 3 kg. Nous devions laisser ces dents dans l'eau, sinon, en

séchant, elles s’éfritaient.

 

De 1920 à  1932 – un complément agricole

 

Nos explorations nous ont menés maintenant jusqu'à la route, soit au bout du terrain. Mon

père est décédé en 1927. Mon frère Joseph s'est, après mon mariage, engagé pour 5 ans

chez les militaires, ce qui fait que j'étais seul.

 

Collection privée

Oncle Joseph a acheté un pré au bac Gänsmättel et recommençait avec une rabatteuse à traction. Je lui ai transporté le matériel. Je faisais maintenant des travaux agricoles. Les petits chevaux ont vieilli, et il fallait que je les remplace. J'ai acheté un bon cheval noir racé, puis un autre qui était un peu plus fort. C'est avec lui que j'ai eu en 1933 un accident sur la rue du chemin de fer. Je rentrai du labour à la maison. Un gros camion de la firme STROMAN voulait me dépasser. Brusquement le cheval de main que je chevauchais prit peur, se retourna et fut heurté par la remorque, ce qui lui fit une estafilade à l'arrière. Moi, je me suis réfugié

entre les chevaux. Ce que j'ai touché de l'assurance, suffisait juste pour le vétérinaire

A part cela, le cheval n'avait pas d'autres dégâts.

 

Je plantais maintenant 25 ares de tabac, aussi des betteraves sucrières et plus de céréales.

On ne peut faire de pacte avec les forces du destin, et un malheur est vite arrivé. Ce fut

le cas la première année où je plantais du tabac. Comme je n'avais pas de vrai séchoir

à tabac, j'ai cherché une place au grenier pour l'accrocher.

Ma mère était assise à coté d'un tas de fagots et ramassait les feuilles tombées. Le petit

Albert, 4 ans, était près d'elle. C'est alors que, de façon inexplicable, une planche tomba

et toucha le petit à la tempe. Il s'affaissa comme mort et nous étions catastrophés. Mais

nous avions encore une fois de la chance car le petit reprit ses esprits.

 

Collection privée

Investissement dans une excavatrice

 

Je n'ai jamais été très doué pour les travaux agricoles. Au cours d'une terrible épidémie touchant les animaux, j'ai perdu trois de mes plus belles vaches, c'était un coup dur pour nous. Les enfants étaient encore petits. Mon frère était alors chauffeur chez la firme TRINDEL et voyageait partout. Il me rapporta qu'à Lure travaillait un petit modèle d'excavatrice. Nous y allâmes, firent des dessins et prirent des mesures, achetâmes de l'acier et de la tôle, et demandèrent à la serrurerie WILLER de nous construire une telle petite machine d'après nos schémas. Nous l'avons munie d'un moteur Bernard de 5 CH. Je l'ai d'abord installée sur le terrain de l'oncle. Le rendement horaire était de 5-6 m3, pour un accès en profondeur de 1,50/1,80 m. Le matériau était trié par un tamis-tambour. Le sable au sol et le gravier dans le wagonnet. C'était en

1932. Après cela, j'ai commencé chez moi, au Kleinwässerle.

 

Collection privée

En 1938, j'ai acheté une grande excavatrice avec 60 à 70 m de rails, ainsi que 10 Wagonnets, 200/300m de rails pour les wagonnets, des aiguillages et des plaques tournantes. Il y avait de quoi remplir 7 semi-remorques de la firme ACARD de Graffenstaden. Nous avons monté l'excavatrice dans le jardin, et tous les samedis Georges BARTHEL m'aidait pour les

réparations.

 

Au bout de quelques mois nous avons pu la monter à la gravière. Elle était équipée d'un

moteur droit à essence de 17 CH. Accès en profondeur, 2 à 3m. Le rendement était de

15 m3 à l'heure. Derrière la machine, nous avons posé deux voies, l'une pour le sable

et l'autre pour le gravier. Tous les samedis, je triaisce qui avais été extrait durant toute

la semaine, car j'employais pour le faire 2-3 hommes.

 

Collection privée

Prélude à la guerre

 

En 1939 éclata la Deuxième Guerre Mondiale. Maintenant je devais travailler pour les militaires. J'ai reçu 10 hommes, un cheval, de l'essence et 10 frcs par m3 extrait. J'ai aussi pu en faire profiter ma clientèle. Albert faisait l'interprète. Mais, pendant ce temps, c'était à moi d'assurer l'entretien et les réparations de la machine.

C'est ainsi que j'ai livré 900 m3 environ aux militaires. Brusquement, les Français ont du dégerpir, à mon grand regret, vu qu'ils ne m'avaient pas payé. J'ai bien touché l'argent après la guerre, mais vu l'inflation, tout était devenu 10 fois plus cher. Pendant la guerre, je faisais constamment la chasse à l'essence, et j'y ajoutais toujours un peu de pétrole.

 

Une bétise

 

Comme je veux tout dire, je me suis décidé à relater honnêtement aussi un événement désagréable qui m'est arrivé. Tous les samedis, Georges BARTHEL  me donnait un

coup de main. Une fois, il a emmené son fis Edmond, dont j'étais le parrain. Pendant

que nous excavions, le garçonnet jouait trop près de l'eau. En guise d'avertissement,

pour lui demander de s'éloigner de l'eau, j'ai ramassé une pierre que je comptais jeter

dans l'eau près de lui. La pierre toutefois arriva sur la terre ferme, où elle ricocha sur

un autre caillou, et toucha le gamin au front. Il s'écroula et resta évanoui pendant un

petit moment. Quant à moi, je n'en menais pas large. Je me suis juré de ne plus jamais

refaire une chose pareille.

 

Accident de travail en 1942

 

Alors qu'un samedi nous travaillions avec la grande excavatrice, j'ai eu un accident. Voilà

ce qui est arrivé. Sous la machine j'avais posé deux voies pour les wagonnets. Car pour

2 wagonnets de sable, il y en avait 3 de gravier, sans compter le gravier grossier. Avec

le cheval, le wagonnet était tracté sur 100 m jusqu'au terreplain, où il était vidé.

Alfred BAPST en était le conducteur. J'ai aidé à déplacer à la main l'un des wagonnets

chargé positionné sous l'excavatrice, et n'ai vu que trop tard l'autre wagonnet, arrêté à

environ 5 m de là. J'ai été pris, et coincé entre les deux en tournant trois fois sur moi-même.

Sur le moment j'ai réussi à me soulever, ce qui fait que j'ai été touché et écrasé entre

les côtes et le bassin. J'ai pensé que ma dernière heure était venue, que j'allais être coupé

en deux. Après cela, je suis resté allongé pendant une demi-heure avant de rentrer chez

moi en vélo. Je me suis couché et j'ai appelé le médecin. J'avais encore une fois de la

chance. Je me suis reposé pendant 2 jours. Nous avons vérifié : les wagonnets passaient

à 12 cm l'un à coté de l'autre.

 

Carte postale

Le « Schwyzzer-See »

 

Avons  nous un

« Schwyzzer-See » à Erstein ?

Ce magnifique temps ensoleillé est bien sûr propice, aux jeunes, pour aller s'ébattre dans l'eau. Il est vrai que nous avons partout suffisamment d'eau : l'Ill, les canaux et différents bras latéraux de l'Ill, mais dans la plupart des cas, nous ne disposons que de lieux de baignade éminemment primitifs.

Mais que nous ayons chez nous un « Schwyzzer-See », çà, nous ne l'avons appris qu'au

moment où nous avons suivi une conversation tenue entre eux par quelques jeunes se

rendant à la baignade.

« Où que tu vas » demande l'un. « On va baigner au Schwyzzer-See » répondirent- t- ils

vivement. Cette conversation nous a évidemment intéressés, et nous avons appris que

toute cette jeunesse allait se baigner dans l'excavation de la gravière, gravière appartenant

au « Kirchenschwizzer ». Ce qui fait que nous aussi avons un lieu de baignade dénomé le « Schwyzzer-See »

Kirchenschwizzer = Suisse de l'église

lac du Suisse de l'église = Schwyzzer-See).

 

Une drague à câble  (1943 - 1952)

 

Le travail se devait de devenir de plus en plus commode et moderne. Mon frère Joseph

me procura en 1943 une drague à câble d'occasion avec les accessoires. A Urmatt,

j'ai acheté un arbre de 20 m de long pour

42 cm de diamètre. Nous avions quelques difficultés pour son érection, mais nous y

arrivâmes à la troisième fois. L'oncle Joseph est décédé en 1943 et notre fils Albert

a été incorporé dans la Wehrmacht allemande. Mon frère Joseph venait de temps à autre.

 

Nous avons monté une baraque destinée à abriter le treuil et le moteur à essence.

Et c'est parti. Le matériau était versé directement sur le sol et trié à la main. J'ai acheté

du bois au marché noir pour le silo que nous avions planifié. Aussi, l'heure de la

libération approchait. Albert rentra dans les premiers jours, et quelques jours plus tard

il s'enrôla comme volontaire dans l'armée Française. Il fit partie de la garde rapprochée

du général LECLERC, aida à la libération et resta soldat pendant quelques mois.

 

Vengeance

 

Signalons encore, qu'après la Libération, des légionnaires français avaient pêché à la

grenade dans le plan d'eau. A la suite de cela, j'ai enlevé le bateau. Pour se venger,

ils voulaient renverser le mat, car ils avaient tiré sur son ancrage et rompu, par des tirs,

le câble porteur et le câble de traction au dessus de l'eau, ce qui fait que la drague avait

coulé au fond. Je me suis plaint chez leur supérieur, et maintenant ils devaient, avec un

camion GMC tirer la drague hors de l'eau.

Aide-toi toi-même, si tu le peux. C'est ce que j'ai fait, de mon mieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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