Association pour la préservation et la conservation

du patrimoine culturel

et traditionnel

d' Erstein

 

 

 

 

 

Notre devise :

Conserver le passé,

dans le présent,

pour pouvoir le transmettre

au futur

 

 

 

 

 

 

Le premier site a été créé le

1er novembre 2012

par son webmestre

et propriétaire

Jean Louis Eschbach

sous la dénomination

Vieil-Erstein.fr

 

Il a été clos le

2018

avec 500 000 clics

à son actif.

 

Ce nouveaux site a été ouvert le

1er Janvier 2018

Il appartient désormais à l'association et est mis en oeuvre par :

 

Bernard DESCHLER

et

Jean Louis ESCHBACH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ancien site Vieil-Erstein.fr

500 000  clics

 

+

clics

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMUNIQUES

 

 

 

sont

programmées

 les 3èmes mardi

de chaque mois

 

 

 

Les permanences de l'association

 

qui ont lieu de 19hoo à 20hoo   en la salle Conrath de la Maison des oeuvres et sont ouvertes à tous

 

 

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Les réunions

 du   comité

 

 

à 20h en la

salle Conrath

de la Maison

des Œuvres

 

 

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Association

Le Vieil Erstein

ùn rund um's Kanton

1 place de

l'Hôtel de Ville

67150  ERSTEIN 
 

 

Téléphone :

03 88 98 64 99

 ou 

06 86 56 40 68

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Evolution de

 

 

l'agriculture dans

le canton d'Erstein

 

 

 

au cours
du XVIII au XXème siècle


 

(entre 1740 et 1960)

 

 

 

 

.

 

Petite histoire antérieure

 

par Monique Klipfel

 

 

 

 

Au XVIIIème siècle

 

Il est difficile de se représenter ce qu'était la ville avant le XVIIIème siècle, car il ne reste aucune carte de la ville datant de cette époque.

 

Au XVIIIe siècle, Erstein semble avoir moins d'importance qu'au Moyen-Age. Elle a perdu certains de ses privilèges, ses murs ont été rasés, la ville parait moins florissante. Ses activités restent cependant variées comme nous le témoigne la liste des corporations de 1744. Ces corporations sont généralement très anciennes : ainsi celle des pécheurs date du XIVème siècles celle des journaliers du XVe siècle.

 

Quelles sont ces différentes corporations ?

  • Laboureurs (et agriculteurs)    60 feux
  • Journaliers                               54 feux
  • Bateliers                                    9 feux
  • Pécheurs                                 41 feux
  • Charpentiers - Menuisiers         5 feux
  • Maçons                                      5 feux
  • Autres artisans                         92 feux (cordonniers, tisserands,.)
  • Veuves                                     40 feux

                               Soit un total de 306 feux

 

Ces 306 feux correspondraient à environ 1 640 personnes. D'après de études récentes 1 feu (foyer) équivaudrait environ à cette époque 4,8 personnes (en moyenne). Cela semble se vérifier dans ce cas car 306 x 4,8 = 1 468 qui est assez proche du total estimé.

L'importance du monde rural est prédominante. Il représente en effet 114 feux soit plus du tiers du nombre total des feux.

 

Quelles étaient alors les principales cultures pratiquées ?

D'après l'abbé Friedel (Geschichte des Ersteiner Flecken) :

  • blé, seigle, orge, mais aussi
  • avoine (à Krafft, la terre y étant plus pauvre) et déjà
  • le tabac, introduit en Alsace vers 1620 et dont l'importance ira croissant pendant tout le XVIIIème et le XIXème siècle. Egalement du
  • chanvre dans le Ried: la corporation des tisserands n'est pas citée dans la liste précédente mais elle existe depuis le XVIIème siècle.

Les autres professions

  • Les corporations des bateliers et des pécheur

sont également bien représentées. Il est vrai que les bras multiples bras du Rhin non endigué et de l'Ill devaient permettre des pêches fructueuses. L'indication des bateliers est à mettre en rapport avec l'activité commerciale et artisanale d'Erstein. Le transport par voie d'eau étant plus facile que par la route à cette époque, surtout pour les pondéreux comme le bois dont Erstein a toujours fait de grandes livraisons, notamment au Chapitre de Strasbourg.

  • Les artisans

Le nombre important d'artisans -92 feux- sens doute supérieur aux besoins de la cité semblerait prouver qu'Erstein ne vit pas seulement de l'agriculture et qu'elle n'est pas replie sur elle-même

 

 

1846 - Le monde rural : richesse et dénuement

 

Le contraste est très net entre cultivateur et laboureur d'une part, et journalier d'autre part. Ce contraste devait se remarquer dans le paysage. En effet, dans les listes de recensement, les cultivateurs et les journaliers apparaissent toujours groupés de façon bien distincte.

 

 Les laboureurs (Ackermann)

 

Il est généralement difficile de différencier les laboureurs des cultivateurs mais dans le cas présent, les laboureurs paraissent moins aisés que les cultivateurs. On les rencontre fréquemment au milieu de listes énumérant des journaliers et ils n'ont que rarement des domestiques. En effet pour 14 laboureurs que nous avons dénombrés, nous n'avons trouvé que 3 domestiques.

 

Les cultivateurs (Büre) 

 

Les chefs de famille cultivateurs sont au nombre de 64. Ce chiffre est resté assez constant depuis le siècle précédent où il était de 60. Il n'est cependant pas possible de tirer une conclusion d'un tel indice car nous n'avons aucune indication sur la surface cultivée au XVIIIème siècle.

 

Les familles de cultivateurs constituent de grosses cellules paysannes : 62,5 % d'entre elles comportent de 5 à 12 membres avec leur tête le père, sorte de gérant entouré de toute sa famille et de ses domestiques.

 

Pour 64 foyers de cultivateurs, nous avons trouvé 125 domestiques et servantes ce qui semblerait démontrer que les exploitations agricoles sont souvent assez importantes pour que les bras familiaux, même soutenus occasionnellement par des journaliers, ne soient pas suffisants pour les travailler. Les cultivateurs ne sont généralement pas surchargés d'enfants : 4 enfants semblent être un maximum.

 

Il nous a même semblé que certaines précautions étaient prises afin de ne pas morceler la terre : dans certains cas où plusieurs frères tenaient une exploitation, ceux-ci ne semblaient former qu'une seule et unique famille d'après les listes nominatives, l'aîné étant considéré comme "chef de famille". Mais aucune hypothèse sérieuse ne peut être avancée. Opulence certaine des cultivateurs, dénuement des journaliers.

 

Les journalier (Tagelehner)

 

On dénombre 166 ménages de journaliers soit 19 % de l'ensemble des ménages ersteinois. Contrairement aux cultivateurs, ils ne forment pas de grosses cellules familiales. Beaucoup de journaliers sont célibataires. Quand ils se marient, leur femme et leurs enfants sont fréquemment indiqués comme indigents, voire comme mendiants.

 

Ils travaillent de façon épisodique pour les gros travaux des champs et pour les récoltes. La plupart du temps, ils sont sous-employés. Etant donné leur nombre et la loi de l'offre et de la demande, ils devaient être fort mal payés. C'est la raison pour laquelle leur condition de vie était précaire.

 

C'est en effet dans cette catégorie de la population que la mortalité était la plus élevée, particulièrement pour les enfants dont le nombre est peu important.

 

Cultivateurs, laboureurs et journaliers s'emploient à mettre en valeur une terre qui ne parait pas ingrate. Pour étudier la nature des cultures et leur rapport nous avons utilisé essentiellement l'enquête agricole de 1836 tiré des "statistiques agricoles du département du Bas-Rhin " (Archives départementales du Bas-Rhin) ainsi que de le "Description du département du Bas-Rhin" du Préfet Migneret (préfet du Bas-Rhin de 1855 à 1865).

 

Le ban communal

 

En 1836, le ban communal était de 3 753 ha, alors qu'il n'est plus aujourd'hui que de 3600 ha par suite d'expropriations. Ce ban comporte des terres relativement médiocres entre l'Ill et le Rhin mais aussi des terres renommées pour leur fertilité entre l'Ill et la route royale n° 83.

 

Prairies et forêts

 

On remarque encore 2198 ha de prairies et de forêts dont 1005 ha de forêts appartenant à la commune et à l'Etat. L'étendue des prairies s'explique par l'importance qu'avait encore le bétail pour le travail des champs et le fait que chaque cultivateur produisait ses propres produits laitiers.

 

L’Ackerland

 

Quelle est la nature des cultures pratiquées ? 

 

L'enquête agricole nous montre mais avec plus de précisions, le même système polyculturel qu'au XVIIIème siècle. On ne note pas de gros bouleversements dans ce système de cultures comportant toujours : froment, orge, tabac (il n'y a pas de terre en jachère en 1836)

  • 376 ha de froment
  • 330 ha d'orge
  • 196 ha de pommes de terre
  • 28 ha de betteraves pour le bétail
  • 158 ha de tabac
  • 60 ha de chanvre.

              1148 ha soit 30 % environ du ban.

 

L'étendue de le culture du tabac peu varié depuis le début du siècle, la Régie contrôlant la production depuis 1811.

 

Avec le froment, le tabac est bien révélateur de l'exceptionnelle qualité du sol. D' après le préfet Migneret (préfet du Bas-Rhin de 1855 à 1865) un arpent de tabac rapporte 3 fois plus qu'un arpent d'orge. De plus, les communes d' Erstein et d'Osthouse atteignent des rendements records. En 1856, Erstein et Osthouse ont produit 2300 kg/ha alors que la moyenne générale de l'Alsace n'était que de 1 800 kg/ha. Du reste, son prix ira en augmentant durant tout le XIXème siècle. Rapport certain mais aussi facilité de culture car cette plante est moins pénible à cultiver que la betterave à sucre, exige moins de mise de fonds que le houblon. Le tabac est parfaitement adapté aux conditions de l'agriculture alsacienne et il alterne bien avec le blé ou la betterave.

 

En 1846 Erstein est un bourg à dominante agricole, les contemporains ne lui reconnaissent pas de caractère urbain.

 

Les commerçants et artisans

 

Divers artisanats sont représentés à Erstein, des métiers liés:

  • directement à la vie agricole : huilier, farinier, meunier, ...
  • à l'eau : batelier, pécheur,...
  • au travail du bois : charpentier, menuisier, ébéniste, calfat,...
  • à celui du métal : charron, cloutier, forgeron, maréchal-ferrant,...
  • à celui du cuir : tanneur, sellier-bourreleur, ....
  • au bâtiment : maçon, vitrier, peintre, tuilier,....

Divers commerces liés directement:

  • aux produits de premières nécessités : épicier, boulanger, boucher,...
  • à l'utile : tailleur, cordonnier...
  • à la soif : braseur, restaurateur, cafetier,...
  • à l'apparence : couturières, chapellier, modisres...
  • au négoce : maquignons, négociants en grains, farine, vins, métaux, ....

 

Tous ces métiers et commerces sont interdépendants avec le monde agricole

 

Quelques statistiques

 

Activités des ménages d'Erstein - 1846

  • Monde agricole:                                      244 ménages = 40 %        du total des ménages
  • Pêche et batellerie:                                   59 ménages = 10%             “     “     “         “
  • Artisans:                                                    96 ménages = 16%             “     “     “         “
  • Commerçants:                                           57 ménages = 9,4 %           “     “     “         “
  • Ouvriers:                                                    75 ménages = 12,5 %         “     “     “         “
  • Services (administ.,sanitaires,notaires):    52 ménages = 8,3 %           “     “     “         “ 
  • Divers:                                                        23 ménages = 3,8 %           “     “     “         “    “                                                                606 ménages

 

 

 

L'importance du monde rural prédomine toujours. Il emploie 40 % de l'ensemble des ménages qui ont été recensés, mais le secteur artisans - commerçants - services, le talonne de très près avec 33,7 '%

 

Spatialement, il devait exister une certaine ségrégation sociale. Ainsi, le lieu-dit « Krafft », situé loin du centre du bourg, ne compte que des pêcheurs, quelques laboureurs et l'éclusier chargé de l'entretien du canal. A Erstein, même les cultivateurs sont souvent cités à la suite d'un huissier, d'un médecin, d'un rentier, tandis que l'on trouve les ménages de journaliers, de pêcheurs et de tisserands les uns à la suite des autres.

 

En ce milieu du XIXème siècle, Erstein est un bourg agricole, prospère. Cette prospérité est due à la richesse de son sol, mais aussi à son rôle de petit centre. Par l'éventail des commerces et les services qu'elle offre, elle parait bien rayonner sur les villages qui l'entourent.

Cependant, cette prospérité n'est pas le lot de tous les habitants et il existe à cette époque toute une masse de gens - journaliers, ouvriers à domicile - dont le sort est précaire et qui constituent autant de main d'œuvre potentielle.

 

 

1907 - Du monde rural ancestral vers les ouvriers-paysans

 

Modification de l'aspect extérieur d'Erstein

 

La période allemande va connaître une fièvre de la construction. D'anciens bâtiments sont rasés pendant que d'autres sont construits. Le nombre des maisons d'habitation augmente: alors qu'en 1846 on comptait 594 maisons, on en compte 1 017 en 1907 soit une augmentation de 71 % en un demi-siècle.

 

On voit aussi se construire les nouveaux bâtiments destinés à recevoir les services publics, édifiés dans la meilleure tradition allemande de cette fin du XIXème siècle: trois écoles, le tribunal, la sous-préfecture, le bureau de poste, le nouvel hôpital. Ces constructions se situent à l'emplacement de l'ancien noyau d'Erstein : ainsi la sous-préfecture s'élève à la place de l'ancien couvent.

 

Pendant cette même période, on construisait les abattoirs près de l'Ill, une usine au Bruhly et surtout une centrale électrique: grâce à elle, Erstein va bénéficier du courant électrique è partir de 1893.

 

Certains grands travaux datent également de cette époque : en 1872, un pont fut édifié sur le Rhin à Gerstheim, et entre 1886 et 1891 fut creusé le canal de décharge de l'Ill (Hochwasserkanal) qui va diminuer sérieusement les dangers d'inondations à l'est de la localité.

 

Construction de prestige, grands travaux, essor du bâtiment contribuent à modifier l'aspect d'Erstein. Il est intéressant de noter cependant qu'il ne se créé pas à proprement parler de nouveau quartier, on démolit plutôt que de construire vers l'est au delà de l'Ill, si bien que vieilles bâtisses et nouvelles constructions se mêlent. Ces dernières traduisent les nouveaux rôles d'Erstein et les changements opérés dans le population à cette époque. En effet, elles sont rarement à usage agricole. Elles abritent des ouvriers plus aisés, surtout quand mari et femme travaillent à la filature, qui ont succédés aux masses de journaliers indigents.

 

Pendant la période allemande, la vie d'Erstein s'est modifiée. La localité a changé d'aspect et acquis de nouvelles fonctions. Or ces dernières n'ont aucun caractère agricole.

 .

(Source: Mairie d'erstein - Présentation du PLU)

 

 

Le comportement du monde agricole

 

Les données utilisées sont tirées du "Statistisches Jahrbuch für Elsass-Lothringen" 1913-1914. Il n'a pas été possible de savoir de quelle manière ces données avaient été élaborées, si bien que les comparaisons entre les chiffres de cette période et ceux qui ont été recueillis pour 1846 ne sont pas toujours aisées.

 

Il est cependant certain que diverses modifications sont intervenues dans la société rurale. Le nombre des journaliers et des cultivateurs a varié.

 

                                    cultivateurs           journaliers           

                                     laboureurs      ouvriers agricoles     Total

1846                   78                     291                  369
1907                 155                     396                  551

 

Nous constatons une augmentation du nombre des cultivateurs et des ouvriers agricoles. Celle-ci peut surprendre et doit être admise avec quelques réserves: nous ignorons ce que recouvre exactement la rubrique "Landwirtschaft". En effet, les statistiques allemandes ne font aucune mention par ailleurs des forestiers ; or la commune compte 1 220 ha de bois. Même en faisant quelques restrictions il faut cependant reconnaître l'augmentation sensible des propriétaires exploitants. L'administration allemande compte 150 exploitations dont la surface est supérieure à 2 ha : le chiffre des tenanciers et des propriétés coïncide.

 

Est-ce là une conséquence du nouveau rôle joué par Erstein ?

Il semble bien que non. Il est vraisemblable que l'on assiste dans la commune au phénomène similaire à toute la plaine d'Erstein ; à savoir que "la catégorie des moyennes exploitations s'est beaucoup plus accrue que dans le Kochersberg" pendant la période 1860-1907, et que "l'aristocratie paysanne, puissante eu XVIIIème siècle dans cette région tend à s'affaiblir". Cette dernière s'était en effet beaucoup enrichie à le Révolution avec la vente des biens ecclésiastiques appartenant au Chapitre de Strasbourg qui étaient très importants dans la commune. Le nombre des cultivateurs qui se sont enrichis cette époque n'était pas très élevé : il existait 60 cultivateurs à Erstein avant la révolution.

 

Au début le partage des terres s'est fait lentement. Il semble qu'il y ait eu des, réticences à partager une terre fraîchement acquise. En 1846, 78 cultivateurs vivent à Erstein, soit une augmentation de 18 % en un siècle ! Puis le mouvement s'accéléra, les coutumes successorales en ce pays catholique jouèrent davantage et le chiffre passa de 78 à 150 en un demi-siècle soit une progression de 92,3 % !!

 

Ce démembrement des terres avec l'accroissement du nombre des moyennes exploitations est prouvée per les chiffres de l'administration allemande : en 1907 il existe 74 exploitations de 2 à 5 ha, 74de 5 à 20 ha et seulement 2 exploitations dont la superficie est supérieure à 20 ha.

En devenant plus petites les exploitations ont moins besoin de main d'oeuvre extra-familiale. La proportion d'ouvriers agricoles par cultivateur tombe de 3,7 en 1846 à 2,4 en 1907.

Cependant il faut se garder de trop assombrir le tableau. Même si elle partage ses terres cette catégorie paysanne de propriétaires exploitants reste riche.

 

Le sort des 97 petits exploitants non employeurs possédant de 0,5 ha à 2 ha et celui des journaliers est davantage lié aux nouveaux rôles cadastraux d'Erstein (L'administration allemande a également dénombré 283 exploitations de 0 à 50 ares qui doivent être pour la plupart des jardins, vergers et potagers).

 

Leur con­dition sociale s'est beaucoup améliorée avec l'installation des usines. La sucrerie convient parfaitement au petit paysan. Chaque année elle embauche pour la campagne de la fin de l'automne au début de l'hiver au moment où les travaux des champs sont terminés. Elle rend compatible ainsi les fonctions de paysans et d'ouvriers.

La filature accapare davantage ses ouvriers et convient mieux aux journaliers qui ne possèdent pas de terre. Nous retrouvons ici la situation "d'une juxtaposition d'une paysannerie assez largement pourvue et d'un monde ouvrier exploitant quelques lopins de terre".

 

Après avoir vu les modifications intervenues dans la société rurale, examinons les effets de l'industrialisation de la commune sur le système d'exploitation de la terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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