Association pour la préservation et la conservation

du patrimoine culturel

et traditionnel

d' Erstein

 

 

 

 

 

Notre devise :

Conserver le passé,

dans le présent,

pour pouvoir le transmettre

au futur

 

 

 

 

 

 

Le premier site a été créé le

1er novembre 2012

par son webmestre

et propriétaire

Jean Louis Eschbach

sous la dénomination

Vieil-Erstein.fr

 

Il a été clos le

2018

avec 500 000 clics

à son actif.

 

Ce nouveaux site a été ouvert le

1er Janvier 2018

Il appartient désormais à l'association et est mis en oeuvre par :

 

Bernard DESCHLER

et

Jean Louis ESCHBACH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ancien site Vieil-Erstein.fr

500 000  clics

 

+

clics

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMUNIQUES

 

 

 

sont

programmées

 les 3èmes mardi

de chaque mois

 

 

 

Les permanences de l'association

 

qui ont lieu de 19hoo à 20hoo   en la salle Conrath de la Maison des oeuvres et sont ouvertes à tous

 

 

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Les réunions

 du   comité

 

 

à 20h en la

salle Conrath

de la Maison

des Œuvres

 

 

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Association

Le Vieil Erstein

ùn rund um's Kanton

1 place de

l'Hôtel de Ville

67150  ERSTEIN 
 

 

Téléphone :

03 88 98 64 99

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06 86 56 40 68

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES PROCESSIONS A ERSTEIN

lors des années après-guerre

 

 

 

 

 

 

Les différents types de processions en usage

 

 

 

Au cours de l'année liturgique des processions relevaient le faste des cérémonies ordinaires, occasions accordée aux fidèles de témoigner leur foi. Les unes étaient spectaculaires, et les autre intimistes. On pouvait distinguer :

 

Les processions extérieures « avec faste » se déroulant hors de l’église : 

 

Ces grandes processions extérieures (de l’église) étaient planifiées lors de :

  • la « Fête-Dieu »
  • l’ouverture des « Mariales » - le premier dimanche de mai
  • la fête du « Sacré-Cœur »     - le dimanche suivant la Fête-Dieu
  • la fête de l’Assomption          - le 15 Août
  • la St-Marc                              - le dimanche le plus proche du 25 Avril
  • les Rogations                        - lundi, mardi et mercredi avant le jeudi de l’Ascension

Ces processions empruntaient toujours le même circuit.. La procession de la Fête-Dieu était unique en son genre car la plus suivie. Précédant les religieux puis les fidèles, défilaient également l’harmonie municipale et un détachement du corps des sapeurs-pompiers d’Erstein. La cérémonie marquait une halte aux 4 reposoirs qui jalonnaient le parcours.

 

Les processions «internes » qui avaient lieu dans l’église

 

les « Procedamus »

Les matins avant la grand-messe des six grandes fêtes liturgiques avec le St-Sacrement :

Pâques, Pentecôte, Ascension, Toussaint, St-Martin (fête patronale), Noël

Ces processions étaient appelées ainsi parce-que pendant leur déroulement on chantait le « procedamus in pacem et le inviolata ». Elles se déroulaient à l’intérieur de l’église.

 

Les processions de la « Vierge »

Tous les premiers dimanches du mois (sauf celui de Mai) en l’honneur de la Vierge organisées par la confrérie du Rosaire. Elles avaient lieu après les vêpres. Les membres de la confrérie avaient un porte-cierge en forme d’écu avec une image peinte sur le devant. Ces porte-cierge ont disparu il y a quelques années. Ils étaient numérotés et figuraient dans un inventaire avec d’autres objets de valeur de l’église. Pendant cette procession était récité le chapelet et la litanie à la Vierge ainsi que des chants à cette dernière. En 2000 il restait trois ou quatre de ces porte-cierge ainsi que les trois fanions de couleurs différentes pour les trois chapelets : le Glorieux, le Mystérieux, le Douloureux

 

Ces processions intérieures étaient ouvertes par le « Suisse » , suivi de servants de messe dont un portait la croix, des chantres et les membres du clergé. L’itinéraire était le suivant : départ du chœur, descente par l’allée centrale, remontée par l’allée latérale gauche (côté des femmes ), traversée du transept, descente allée latérale droite (côté des hommes ) et remontée vers le chœur par l’allée centrale.

 

Autres occasions de processions :

 

  • A la Toussaint après les vêpres des Morts une procession accompagnait les fidèles au cimetière.
  • Le dimanche des Rameaux la procession rentrait par le porche du clocher pour la grand-messe.
  • Le dimanche de Quasimodo les enfants de la Communion Solennelle (la Profession de Foi) étaient accueillis après une procession partant de l'école des filles (Anne Franck ) et arrivant dans l'église
  • De même jusque dans les années 1960 les défunts ont été pris en charge à leur domicile. Un servant de messe portant une croix à hampe noire et blanche ouvrait le cortège funèbre il était accompagné de deux porte-cierge venait ensuite la bannière noire des morts entourée des chantres, deux autres servants avec encensoir et « Schiffelé » précédaient le clergé qui lui-même devançait le cercueil. Arrivaient les hommes de la famille ainsi que toute la gente masculine, les femmes fermaient la marche. Après l'office religieux le défunt était accompagné dans le même ordre au cimetière. Les servants de messe portaient des soutanes noires et le clergé des ornements également noirs.
  • Lors d'une première messe le nouveau prêtre était accueilli à son domicile par procession festive pour le mener solennellement à l'église avec sa famille et ses amis.

 

 

Procession de la Fête-Dieu ou du Saint-Sacrement


 

Cette procession avait lieu le deuxième dimanche après Pentecôte. C'était la plus importante de toutes les processions dans l'année liturgique et aussi certainement une des plus anciennes, datant du quinzième siècle.

 

Elle démarrait à la fin de la grand-messe, (messe qui était avancée à 9 heures avec sermon écourté). Sortant par le porche de la tour la cérémonie prenait son départ par la rue du capitaine Da (ancienement rue de l'église), se dirigeait vers la rue du Gal de Gaulle (route du Rhin) tournait à droite en direction du cimetière. A la jonction avec la rue Brûlée elle empruntait celle-ci jusqu'à la rue Mercière qu'elle traversait dans sa longueur. La procession prenait ensuite la rue de l'Arc-en-Ciel pour rejoindre la rue du Gal de Gaulle, remontait en sens inverse la rue du capitaine Da, pour revenir à son point de départ à l' l'église St-Martin.. Le parcours était jalonné de quatre reposoirs qui se situaient aux endroits suivants :

 

  • le premier à l'angle formé par la rue du Gal de Gaulle et la rue Brûlée devant la menuiserie HERTRICH, qui en assurait le montage. Ce reposoir était entreposé à l'Etappenstall.
  • le deuxième à l'angle des rues Brûlée et Mercière devant l'actuelle Caisse d'Epargne, entreposé chez Charles BUND, l'instituteur, monté par ?
  • le troisième devant la boucherie KUHN (devenue ARLEN) monté par l'entreprise de construction CONRATH et entreposé chez cette dernière au Bruhly.
  • le dernier dans la petite ruelle (anciennement petite-rue de l'église) reliant la rue de l'Arc-en-Ciel à l'église St Martin, l'actuelle place Monseigneur HOCH, le montage et le stockage étaient assurés par la menuiserie SCHAAL.

 

Il faut noter que ces montages étaient réalisés bénévolement tant par les entreprises que par les particuliers qui en assuraient la décoration. Les branchages apposés contre les façades étaient fournis et amenés par la ville tandis que les joncs qui jonchaient le parcours, étaient apportés par les riverains. Tout le long du parcours les maisons étaient pavoisées avec des drapeaux aux couleurs de la France, et jaune et blanc couleurs du Vatican. Parfois des statues ornaient les rebords des fenêtres.

 

Le tout a été démonté et rangé après la procession, les rues balayées, les joncs ramassés ( pour servir de litière aux bêtes) et les branchages pour devenir petit-bois de chauffage.

 

Formation et composition de la procession 

 

  •  En tête, ouvrant cela procession, un servant de messe en soutane et pèlerine violette, surplis blanc portait une croix.

 

  • Il était suivi par un homme avec la bannière rouge de la ville, un côté orné des armoiries de la ville, de l'autre St Martin à cheval. Cette bannière était flanquée de deux petites également rouges.

 

  • Ensuite suivait la batterie-fanfare du cercle catholique des jeunes gens « St Martin » (ex Aloysia) qui devançait les membres du dit cercle avec son drapeau. Les gymnastes en pantalon blanc et képi sur la tête entouraient la statue de St Aloyse portée sur les épaules de quatre grand-communiants.

 

  • Les scouts et les jeunes gens suivaient, des plus âgés aux plus petits ( 4 ans). Ces derniers portaient, pour certains, des petits oriflammes de forme carré (il en subsiste encore quelques rares) . Les instituteurs de l'école catholique de garçons étaient chargés d'encadrer les plus jeunes et assuraient l'ordre dans les rangs.

 

  • Les filles leur emboîtaient le pas, les petites devant avec un mouton dans une corbeille accrochée à leur cou. Les plus grandes avaient des houlettes garnies de fleurs. La plupart étaient en robe blanches et des couronnes de fleurs sur la tête, Au milieu du groupe, quatre communiantes, dans leurs robes de la communion solennelle, portaient la Vierge au Rosaire. Des sœurs enseignantes faisant office de surveillantes.

 

  • Les jeunes filles non mariées étaient les dernières, l'Union des Jeunes Filles (le pendant du Cercle des Jeunes Gens) entouraient leur bannière, le <Jùngfraujefàhne>, la plus petite des bannières, bleue avec une vierge peinte en médaillon. Le reste des sœurs enseignantes suivait accompagnées par les sœurs de la charité de l'hôpital et les sœurs garde-malades.

 

  • La musique municipale faisait suite en jouant par intermittence des airs de circonstance, des marches lentes actuellement encore jouées lors des processions au pays de Bade, en Bavière et au Tyrol.

 

  • Six pompiers, choisis parmi les plus grands, appelés « sapeurs », en grand uniforme, hache sur l'épaule, devançaient les trois officiers, le capitaine (J. Laemmer) au milieu avec à sa droite le lieutenant (J. Kasper) et à sa gauche le sous-lieutenant (J-B Graff) tous les trois casqués et sabre au clair. Le reste du corps formant deux colones escortant de part et d'autre les servants et le dais abritant les membres du clergé.

 

Débutait alors la partie, disons, solennelle de la procession.

 

  • Venait en premier une deuxième croix portée par un servant de messe. A ses côtés les deux porte-cierges en soutane et pèlerine rouges, surplis en dentelle et calotte assortie. Ils étaient les seuls à porter cet attribut sur la tête avec le cérémoniaire.

 

  • Ils devançaient le « Herrefàhne » grande bannière blanche avec en médaillon Dieu le Père ( porté pendant plus de 40 ans par A. Andrès) .

 

  • Suivait un servant de messe avait une sonnette à quatre clochettes pour annoncer le salut. Arrivait ensuite « Le cérémoniaire », un servant de messe appelé ainsi parce que c'est lui qui dirigeait toutes les cérémonies avec deux petites planches reliées par une charnière qu'il faisait claquer, ce qui lui a conféré le nom de « Klopfer ».

 

  •  Les chantres faisaient suite précédant les servants de messe.

 

  • En premier les plus petits, marchant à reculons et jetant, à tour de rôle, en continu des fleurs devant le dais.. Deux servants portaient un panier à linge rempli de pétales, faisant office de réserve (à chaque reposoir ce panier était ravitaillé). Les huit servants porte-encensoirs faisant pareil. Quatre étaient habillés de soutanes bleues les autres en rouges. Les deux « Schiffelé », portaient, en le balançant, le petit récipient qui contenait l'encens et qui avait la forme d'un bateau.

 

  • Arrivait le dais abritant le clergé, le recteur présentant l'ostensoir avec le Saint-Sacrement. Il portait une chape jaune richement brodée ainsi que le velum assorti, les deux diacres avaient des chasubles jaunes. Le dais était porté par six hommes membres de la confrérie des paysans. L'origine de cet honneur reste inconnu.

 

  • Suivait le Conseil de Fabrique et les membres catholiques du conseil municipal.

 

  • Ces élus ouvraient la procession des hommes, suivi par la congrégation des hommes, le « Maennerverein », avec sa bannière.

 

  • Ensuite venaient : la confrérie des paysans avec bannière, celle des pêcheurs faisant suite toujours avec leur bannière, elle-même suivie par celle des artisans, cette confrérie n'existant déjà plus à cette époque.

 

  • Le reste des paroissiens fermait la marche entourant la statue de St Martin sur les épaules de quatre communiants.

 

  • La congrégation des femmes avec bannière, suivie par le reste des paroissiennes, avec en leur milieu la statue de la vierge à l'enfant, portée par six jeunes filles terminait cette marche religieuse. Tout ce monde priant le chapelet et chantant durant tout le trajet.

 


 

 

Cette procession pouvait atteindre une grande longueur, la tête étant à la hauteur de l'hôpital, voire plus loin alors que la fin se formait seulement à la sortie de l'église.

 

A chaque reposoir se faisait une halte avec un chant de la chorale, lecture de l'évangile et bénédiction du St Sacrement. Après que la procession ait rejoint l'église un salut solennel terminait la manifestation, la clique du cercle jouant « Aux Champs » pendant la bénédiction, alors que la musique municipale accompagnée par l'orgue jouait le « Grosser Gott » pour clore l'office.

 

Pendant toute la durée des processions les cloches de l'église sonnaient à toute volée elles ne s'arrêtaient que pendant les arrêts aux reposoirs et définitivement lors de l'entrée des Saints-Sacrements dans l'église. Cette tradition remonte à la fin du moyen-âge..

 

Avant la guerre 39-45 la confrérie du St Rosaire participait activement à cette procession ainsi qu'aux trois autres grandes processions : le premier dimanche de Mai, le dimanche après la Fête-Dieu, le 15 Août (Assomption).

 

Depuis le début du 20ième siècle les reposoirs étaient toujours érigés aux mêmes endroits à part qu'ils barraient les rues du Rhin et la celle du Vieux Marché et le quatrième était placé dans la cour de la ferme Esser.

Une vieille personne m'a indiqué qu'avant la guerre 39-45 des jeunes filles portant des fanions encadraient la Vierge.

 

 

Les rogations

 

 

 

Rogation vient du latin « rogatus » qui signifie : « implorer ou demande particulière ».

En effet les processions au nombre de trois étaient des appels à la protection divine des cultures, donc des récoltes, qui assuraient la nourriture pour les humains ainsi que celle du bétail. Probablement aussi la bénédiction des animaux domestiques, dont le saint protecteur invoqué était St Wendelin (Saint Patron de la paroisse de Hipsheim).

 

Les rogations étaient des processions qui se faisaient les lundis, mardi et mercredi avant le jeudi de l'Ascension. C'étaient des processions extérieures effectuant symboliquement le tour des champs du ban de la paroisse. J'ignore leurs origines (famine due à des phénomènes météorologiques, maladies des plantes ou destructions par invasion de nuisibles etc.. ), ainsi que le début de ces implorations. L'abbé Friedel fait remonter cette traditions aux temps anciens. Il cite un démontage de reposoir en 1643.

 

Itinéraires empruntés

 

D’après mon père Joseph ANDRES (qui portait le « Kleine Herrefahne » pendant ces trois jours en remplacement de son frère Antoine) et André FENDER, dont je tiens également ces renseignements.

 

  • Avant la guerre de 1939-1945 la première procession empruntait le C.D. 288 jusqu-à Osthouse arrivée à la chapelle St Wolfgang, elle prenait le chemin vicinal pour rejoindre le C.D. 1083 (ancienne R.N. 83), et longeant celui-ci en direction de la gare d'Erstein puis revenant par l'avenue de la gare, retourner à l'église paroissiale. A cette époque, rares étaient les constructions le long de cette route vers la gare.
  • Le mardi, la deuxième procession cheminait vers la gare, de là par le C.D. 1083 rejoignait le « Nieder-Straessel » empruntant ce chemin vicinal elle montait jusqu-au Calvaire puis revenait par le « Nieder-Flecke » à l'église St Martin lieu du départ.
  •  
  • La procession du mercredi reprenait la direction de la gare mais seulement jusqu'à la hauteur de l'actuelle rue de Limersheim, qui était à l'époque un chemin de terre et s'appelait le « Breitenweg » (reliant l'avenue de la gare au « Nieder-Straessel » en passant par la place d'Alsace qui n'existait pas à l'époque). Elle empruntait ce chemin pour rejoindre le même itinéraire que la précédente.

 

Une question à se poser est la suivante : est-ce que dans des temps plus anciens cette procession n'empruntait- elle pas un autre itinéraire ?

Ce qui est troublant c'est qu'aucune procession ne couvrait le « Niederfeld », alors que les autres faisaient le tour de l' « Oberfeld » pour la 1ière et le « Mittelfeld » pour la 2ième, la 3ième était beaucoup plus courte et passait carrément par le « Mittelfeld ». Quelle en était la raison ?

 

Une anecdote que me racontait mon père (il était né en 1896) qui s'est passée autour de 1900. Un certain jour les parcours des processions d'Erstein et Schaeffersheim se rencontraient à la gare. Des invectives et des quolibets furent échangés. Ces attitudes n'étaient guère spirituelles Les itinéraires furent changés de jour afin d'éviter ces affrontements peu chrétiens, ce qui laisse à supposer que ce sont les deux premiers qui ont été interverties.

 

Après la guerre en 1945 ces itinéraires ont été complètement remaniés, pour des raisons que j'ignore. Mais probablement c'était dû à l'industrialisation du bourg, qui a transformé peu à peu la bourgade agricole en cité ouvrière engendrant une participation de la population beaucoup plus aléatoire.

 

  • C'est à partir de cette période que la procession du lundi remontait toujours vers Osthouse, mais elle faisait demi-tour à la hauteur du « Bildstoecke » actuellement le rond-point.
  • La deuxième allait par l'avenue de la gare jusqu'à la fonderie (actuellement l'hôtel « Crystal ») et revenait sur ses pas.
  • Le troisième jour, la dernière, par la rue de Strasbourg se dirigeait vers Nordhouse, après un km environ sur la route elle faisait demi-tour et rentrait à l'église.

 

Par mauvais temps ces processions étaient raccourcies et s'il pleuvait trop, elles avaient lieu l'intérieur de l'église.

 

Ces processions ont duré jusque dans les années 1960. Après Vatican II ces manifestations ont été abolies comme certaines autres.

 

Déroulement et composition de la procession

 

C'est après la messe de 6 heures que ces processions sont parties de l'église.

  • Un servant de messe portant une croix et le Suisse ouvraient la marche, il était suivi par les garçons de l'école catholique encadrés par les instituteurs, suivaient les jeunes filles entourées par les sœurs enseignantes.
  • Après celles-ci suivait le petit « Herrefahne » (petite bannière des membres du clergé) précédant les chantres (que des hommes à cette époque) les enfants de chœur et le clergé, en principe le recteur (curé-doyen) et les deux vicaires.
  • A ces processions il n'y avait pas le St-Sacrement donc pas de dais.
  • Venait ensuite la confrérie des paysans avec à sa tête le Feldmeister portant le cierge pascal, accompagné évidemment de la bannière de la corporation Plus tard le cierge pascal a été remplacé par la lanterne (aujourd’hui disparue) de la corporation. Cela certainement pour une question pratique. Le cierge s'éteignait par le vent tandis que la bougie de la lanterne était protégée et de ce fait pouvait éclairer symboliquement les textes, lors de leur lecture dans l'évangéliaire. Les paroissiens complétaient cette marche, fermée par les femmes.

 

Tout au long du parcours on priait le chapelet entrecoupé par les incantations de la litanie des Saints pour implorer leur intercession ; et des chants en l'honneur de la Vierge Marie, car cela se passait généralement au mois de mai. A quatre endroits différents un passage d'évangile était lu (lequel ?), les quatre versions d'une même parabole écrites par chacun des quatre évangélistes.

 

A noter qu'après 1945 le petit « Herre Fahne » ne participait plus, le Suisse ne portait pas la tenue des jours de fêtes, non en culotte rouge mais en pantalon noir avec des rayures argentées sur les coutures.

 

Il faut également signaler la procession de St Marc qui avait lieu le dimanche le plus près du 25 avril, fête du dit Saint. C'est après la grand-messe qu'elle partait de l'église pour emprunter le parcours par le « Breitenweg »

 

L'Abbé FRIEDEL fait état dans sa chronique d'autres anciennes rogations

(exemples situés chorologiquement vers la fin de la guerre de 30 ans)

 

1656                          Procession de la Saint Mathieu l'apôtre vers Huttenheim
1658, 22 juillet,          Procession vers Huttenheim
1660, 4 juillet,            Procession vers Huttenheim
1663                           Procession vers Sand à l'ossuaire
1669                           Procession de la Visite à Marie vers Huttenheim ........

 

Ce témoignage est loin d'être exhaustif et j'invite les érudits à me compléter.

Léon Andrès

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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